Il m’a fallu deux divorces et une nuit dans ma voiture pour comprendre… grâce à un tchat improbable.

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1h34 du matin.
Voiture garée. Moteur coupé. Moi, 38 ans, directrice marketing, deux divorces, trois plantes mortes sur mon balcon. Et pourtant, là, statique, silencieuse, à fixer une fenêtre éteinte au troisième étage comme si ma vie sentimentale dépendait de la lumière qui s’allumerait peut-être.

Il ne m’avait pas répondu depuis six heures. Pas de dispute. Pas de malentendu. Juste… rien. Encore un.
Quatre mois qu’on se voyait. Qu’on « se découvrait ». Il m’avait dit qu’il n’était pas très téléphone. Traduction : pas très moi non plus.

Et pourtant, me voilà. À guetter. À espérer. À douter.
Un scénario que je connais par cœur. Trop par cœur.

Le vrai déclic ? Il ne venait pas de lui. Il venait d’un inconnu.

Non, ce n’est pas une blague.

J’ai ouvert mon téléphone, pas pour stalker son Insta, pour une fois, mais pour parler. Pas avec lui. Pas avec mes copines qui allaient encore me dire « oublie-le » comme si c’était un bouton sur lequel on pouvait appuyer.

J’ai atterri sur Smail. Un tchat. Gratuit. Anonyme. Sans fioritures.
Je voulais juste sortir de ma tête. Entendre une voix (même écrite) qui ne soit pas la mienne.

Je suis tombée sur quelqu’un qui s’appelait Cactus69 (je juge pas, et ne cherche pas non plus, ça ressemblait à ça, mais pas toute à fait, brouillons les pistes, ne cherche pas son profil ;)). Il m’a demandé comment allait ma nuit. J’ai répondu par une blague cynique. Il a ri (lolilol). Puis il a tapé ça :

« T’as pas l’air triste d’avoir perdu un homme. T’as l’air triste de te perdre encore toi-même. »

Silence.
Un inconnu, planqué derrière un pseudo ridicule, venait de me faire plus de bien qu’aucune de mes ex-relation. Pas de leçon. Pas de conseil condescendant. Juste un miroir, brut.


Ce que j’ai compris ce soir-là ?

Ce n’est pas que je choisissais mal mes partenaires. C’est que je ne m’autorisais pas à choisir autre chose. Quelque chose de simple. De doux. D’apaisant.
J’étais conditionnée à confondre tension avec passion. À confondre le manque avec l’amour.

Et au fond, je savais déjà tout ça. J’avais lu tous les livres. Fait la thérapie. Écouté les podcasts.
Mais là, dans cette voiture, c’est une phrase lancée par un parfait inconnu sur un tchat improbable qui a déclenché le vrai déclic.


Le chaos, c’est familier. Mais c’est pas ça, l’amour.

Le vrai, celui qu’on mérite, ne se joue pas à 1h du matin sous une fenêtre éteinte.

Il se tisse. Il se construit. Et parfois, il commence par une conversation sincère avec une personne qu’on ne connaît pas. Une phrase simple. Qui percute. Qui réveille.

Depuis cette nuit-là, j’ai arrêté de courir après ceux qui fuient.
Et vous savez quoi ? Je me suis surprise à retourner sur Smail. Pas pour fuir ma solitude, mais pour m’autoriser à me montrer telle que je suis. Sans jouer un rôle. Sans chercher à séduire. Juste… parler.


Smail, ce n’est pas un site miracle.

Ce n’est pas un algorithme magique qui va te livrer l’amour en kit.
C’est un endroit où tu peux exister. Vraiment.
Sans pression. Sans performance. Sans « ghosting ».

Parfois, ça commence comme ça. Une phrase à 1h du mat.
Une révélation entre deux pseudos.
Et ça change tout.


Si tu lis ça garée devant un immeuble, en te demandant pourquoi tu répètes encore ce schéma…
Parle à quelqu’un. Pas pour trouver l’amour.
Juste pour te retrouver, toi.
Et ça, c’est peut-être le début de quelque chose de grand.