fouthese

Quo Vadis ?

il y a 1 an
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fouthese il y a 1 an

" Burn out, flicage en entreprise : quand le travail va trop loin ! "

" Dans un contexte de pression économique, de concurrence de plus en plus dure, les entreprises doivent se battre pour rester compétitives… Au cours des dernières années, la plupart ont dû se restructurer. Dans le public comme dans le privé, les dirigeants mettent en place des organisations de travail qui induisent toujours plus de pression sur leurs employés. Il faut être plus productif. Concrètement, on exige des salariés de faire plus dans le même temps… Mais comment les patrons s’y prennent-ils pour nous pousser à travailler toujours davantage ? Jusqu’où certains sont-ils capables d’aller pour obtenir un meilleur rendement ? et quel impact cette réorganisation du travail peut-elle a-t-elle sur notre vie ? Performance, efficacité, rentabilité… Quel est le prix à payer pour faire tourner nos entreprises ?… "



621656 vues Premiered Avr 10, 2020

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fouthese il y a 1 an

" Pourquoi désobéir en démocratie ? "

" Les raisons de se révolter ne manquent pas. Mais en démocratie, s’engager dans un combat contre l’injustice, l’inégalité ou la domination est un geste qui doit s’exprimer sous une forme d’action politique acceptable. Parmi ces formes se trouve la désobéissance civile : elle consiste, pour le citoyen, à refuser, de façon non-violente, collective et publique, de remplir une obligation légale ou réglementaire parce qu’il la juge indigne ou illégitime, et parce qu’il ne s’y reconnaît pas. Cette forme d’action est souvent considérée avec méfiance : pour certains, elle ne serait que la réaction d’une conscience froissée, puisqu’elle n’est pas articulée à un projet de changement politique ; pour d’autres, elle mettrait la démocratie en danger en rendant légitime un type d’action dont l’objet pourrait être d’en finir avec l’État de droit.
Ce livre original, écrit par un sociologue et une philosophe, analyse le sens politique de la désobéissance, en l’articulant à une analyse approfondie des actes de désobéissance civile qui prolifèrent dans la France d’aujourd’hui – à l’école, à l’hôpital, à l’université, dans des entreprises, etc. Il montre comment ces actes s’ancrent avant tout dans un refus de la logique du résultat et de la performance qui s’impose aujourd’hui comme un mode de gouvernement. À la dépossession qui le menace – de son métier, de sa langue, de sa voix –, le citoyen ne peut alors répondre que par la désobéissance, dont le sens politique doit être pensé. "

" Albert Ogien est sociologue, directeur de recherches au CNRS, directeur de l’Institut Marcel-Mauss (CNRS-EHESS). Il est notamment l’auteur de L’Esprit gestionnaire (EHESS, 1995), Les Règles de la pratique sociologique (PUF, 2007) ou encore de Désacraliser le chiffre (Quaé, 2013). "

https://www.editionsladecouverte.fr/pourquoi_desobeir_en_democratie_-9782707169754

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fouthese il y a 1 an

Y'a pas à dire,la dévaluation a de multiples visages.........

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fouthese il y a 1 an

Pass carbone

Attention: une annonce importante:

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fouthese il y a 1 an

Un film génial !
( Enfin en version française...... :o) )

Je le recommande chaudement - et disponible en streaming !

" The Lady In The Van - Bande-annonce VF "

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fouthese il y a 1 an

Quo Vadis ?

" (Français) THRIVE : Mais Que Faut-il Donc Pour Prospérer? "

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fouthese il y a 1 an

Coucou les filles ! :o)

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj9cHZX95r1vzA97a1dkta8c7m4VsL5LMfmVGQXEGgxgdHNuuLKeDQDGo95FgzEOOdLwByx5I_k39tpCUD-xnErXEbzyuI2XQGY5IQD6jGSUqNFP2FCsvOyAu7-3WNJVnW2RYPwgdofpN1Gei-4VjbCBzV2Le2lZ1NLQixG9rexn1PQWHKGzhSsW3WDnQ/w588-h735/image0.jpeg

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fouthese il y a 1 an

Quo Vadis ?!

Un peu de lecture...... :o)

" Quand la connerie économique prend le pouvoir "

Jacques Généreux

" Aucune crise ne semble altérer la détermination de nos dirigeants à perpétuer le monde d’avant en pire, car l’entendement des élites est durablement embrouillé par une religion néolibérale insensée inculquée à plusieurs générations d’énarques, de journalistes, de professeurs, etc.
Jacques Généreux approfondit ici la piste de recherche amorcée dans La Déconnomie. En mobilisant la psychologie sociale et cognitive, il révèle la « banalité de la bêtise » et de sa forme entêtée, la connerie. Il montre comment celle-ci imbibe l’idéologie économique qui inspire la parole, l’arrogance et la politique de Macron, comme elle a inspiré la gauche et la droite européennes depuis trente ans. La connerie économique, c’est aussi la maladie d’une société dont toutes les sphères sont contaminées par le virus de la compétition (la politique, l’usine, le bureau, l’école, la recherche, les médias). Un virus qui stimule la bêtise et pervertit la démocratie en piège à cons.
L’antidote existe. C’est l’intelligence collective qui peut surgir de la délibération citoyenne. Sans installation de cette dernière au pouvoir, la meilleure des reconstructions sociales pourra toujours être anéantie par une prochaine génération d’abrutis.

Jacques Généreux, membre des Économistes atterrés et de l’Association française d’économie politique, enseigne l’économie à Sciences Po depuis près de quarante ans. Il a publié de nombreux best-sellers d’initiation à l’économie et des essais qui tentent de refonder l’économie et la politique sur les sciences de l’homme (La Dissociété, L’Autre Société, La Grande Régression). "

https://www.seuil.com/ouvrage/quand-la-connerie-economique-prend-le-pouvoir-jacques-genereux/9782021399004

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fouthese il y a 1 an

Citation de fouthese Quo Vadis ?!

Un peu de lecture...... :o)

" Quand la connerie économique prend le pouvoir "

Jacques Généreux

" Aucune crise ne semble altérer la détermination de nos dirigeants à perpétuer le monde d’avant en pire, car l’entendement des élites est durablement embrouillé par une religion néolibérale insensée inculquée à plusieurs générations d’énarques, de journalistes, de professeurs, etc.
Jacques Généreux approfondit ici la piste de recherche amorcée dans La Déconnomie. En mobilisant la psychologie sociale et cognitive, il révèle la « banalité de la bêtise » et de sa forme entêtée, la connerie. Il montre comment celle-ci imbibe l’idéologie économique qui inspire la parole, l’arrogance et la politique de Macron, comme elle a inspiré la gauche et la droite européennes depuis trente ans. La connerie économique, c’est aussi la maladie d’une société dont toutes les sphères sont contaminées par le virus de la compétition (la politique, l’usine, le bureau, l’école, la recherche, les médias). Un virus qui stimule la bêtise et pervertit la démocratie en piège à cons.
L’antidote existe. C’est l’intelligence collective qui peut surgir de la délibération citoyenne. Sans installation de cette dernière au pouvoir, la meilleure des reconstructions sociales pourra toujours être anéantie par une prochaine génération d’abrutis.

Jacques Généreux, membre des Économistes atterrés et de l’Association française d’économie politique, enseigne l’économie à Sciences Po depuis près de quarante ans. Il a publié de nombreux best-sellers d’initiation à l’économie et des essais qui tentent de refonder l’économie et la politique sur les sciences de l’homme (La Dissociété, L’Autre Société, La Grande Régression). "

https://www.seuil.com/ouvrage/quand-la-connerie-economique-prend-le-pouvoir-jacques-genereux/9782021399004


La suite......

" LA CONNERIE A PRIS LE POUVOIR ! COMPRENDRE LE CERVEAU DE NOS « ÉLITES » - Jacques Généreux "



" Jacques Généreux est professeur d'économie, une matière qu'il enseigne depuis près de trente-cinq ans. Pourfendeur de longue date du néolibéralisme et de l'absurdité des politiques économiques menée depuis 30 ans, Jacques Généreux a écrit de nombreux ouvrages fondamentaux pour proposer une économie plus égalitaire et rationnelle. Face au refus de nos élites de mettre fin au sabotage de la France, il explore dans son dernier livre "Quand la connerie économique prend le pouvoir" une nouvelle thèse à la croisée entre l'économie et les sciences cognitives : celle de la bêtise.

Une interview par Olivier Berruyer, pour le média indépendant en ligne Élucid. "

20 454 vues 26 nov. 2022

415 commentaires

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fouthese il y a 1 an

Citation de fouthese La suite......

" LA CONNERIE A PRIS LE POUVOIR ! COMPRENDRE LE CERVEAU DE NOS « ÉLITES » - Jacques Généreux "



" Jacques Généreux est professeur d'économie, une matière qu'il enseigne depuis près de trente-cinq ans. Pourfendeur de longue date du néolibéralisme et de l'absurdité des politiques économiques menée depuis 30 ans, Jacques Généreux a écrit de nombreux ouvrages fondamentaux pour proposer une économie plus égalitaire et rationnelle. Face au refus de nos élites de mettre fin au sabotage de la France, il explore dans son dernier livre "Quand la connerie économique prend le pouvoir" une nouvelle thèse à la croisée entre l'économie et les sciences cognitives : celle de la bêtise.

Une interview par Olivier Berruyer, pour le média indépendant en ligne Élucid. "

20 454 vues 26 nov. 2022

415 commentaires

" Une image qui vaut mille mots "

27 novembre 2022

" Les frappes de missiles russes ciblant les infrastructures électriques ukrainiennes ont plongé le pays dans le noir.

Photo satellite de l’Ukraine prise dans la soirée du 24 novembre 2022 : "

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https://reseauinternational.net/une-image-qui-vaut-mille-mots/

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fouthese il y a 1 an

" Michèle Riot-Sarcey, Le réel de l'utopie. Essai sur le politique au XIXe siècle, Paris, Albin Michel, 1998, 309 p.

C'est dans une lecture de l'histoire qui met la recherche de l'événement au cœur de la démarche, que Michèle Riot-Sarcey trouve le " réel de l'utopie ", à l'écart tant des lectures bien pensantes du XIXe siècle (qui départageaient dans l'utopie " le bon grain de l'ivraie ", à savoir le réel et la folie), que de lectures contemporaines qui ont voulu domicilier dans le goulag ce réel de l'utopie.
Cette démarche originale et féconde, s'inspirant des méthodes et regards croisés de M. Foucault et W. Benjamin, vise à faire resurgir l'événement dans sa fonction de rupture comme " irréductible au mode de penser commun ", révélateur d'une conjoncture impensable pour les lectures guidées par l'idée d'un continuum historique ; elle sert à redonner vie à des paroles oubliées et d'oublié(e)s, bref à faire resurgir un passé occulté qui interroge les certitudes acquises sur la façon dont s'est faite l'histoire politique du XIXe siècle. Par là même, en retrouvant l'événement sous la gangue des interprétations accumulées, ce travail met à jour les mécanismes et procédures par lesquels la doxa s'est établie, discours de la société et sur la société mêlés, dans l'entrelacement de l'émergence des sciences sociales et historiques, et des idéologies en voie de constitution ; procédures passant par l'exclusion de l'utopie et le recouvrement de l'événement par une interprétation univoque, compatible avec une vision doxique de l'histoire tout en contribuant à la forger.
Ces deux aspects d'une étude qui consacre une partie importante à l'établissement de la " science doctrinaire ", et installe le discours utopique en contrepoint de cette pensée sont déjà prometteurs, mais l'ambition est plus exigeante ici, et le résultat à la mesure du propos.
L'événement (parole utopique, geste insurrectionnel) dans son irréductibilité à la doxa est sollicité ici pour éclairer la façon dont vont se constituer les contours d'un espace politique qui ne deviendra républicain et démocratique qu'une fois désamorcées les autres conceptions du politique, d'une démocratie plus " directe ", " sociale ", ou " continue ", conceptions portées par ceux que l'on commencera à nommer les " barbares ". Se joue là la grande question politique qui va occuper tout le XIXe siècle, celle de la détermination de la forme et du contenu de ce qu'est le politique, dans cet espace " indéterminé " ouvert par la Révolution française ; d'où le sous-titre du livre, sur lequel il convient de ne pas passer trop vite : Essai sur le politique au XIXe siècle.
Retour de l'événement et réflexion sur l'utopie s'articulent ici de façon à porter un regard nouveau sur un objet souvent éludé : la construction de ce qu'est un espace politique légitime et de ce qu'il occulte ou refoule, question articulée autour de deux aspects : ce qu'il en est de la représentation (et donc des catégories sociales représentées ou à représenter), et surtout peut-être de la construction de la frontière entre le social et le politique.
Par l'éclairage nouveau porté ici sur cette construction, cette production d'une définition de la " légitimité " du politique, c'est un regard neuf sur le travail de l'utopie, la " fonction " de l'utopie qui se dessine.
Partir à la recherche de l'événement en deçà de la gangue interprétative qui en a ossifié le sens, c'est non seulement retrouver une parole oubliée, mais c'est surtout ici redonner le sens de la construction de la représentation — au double sens sociologique et politique — et, en restituant les conflits occultés sur lesquels ce processus s'est affirmé, mis en place, interroger la démocratie représentative sous son aspect " lisse ", supposé naturellement évident, et inéluctable
C'est pourquoi la première moitié du livre est consacrée à une présentation des enjeux théoriques et politiques qui traversent cet espace politique post-révolutionnaire. La représentation d'une souveraineté à la fois Une et éclatée va en effet révéler les ambiguïtés des fondements philosophiques de la représentation ; la double exigence de l'unité du corps politique à mettre en scène et d'un pouvoir fondé sur le consentement de tous va se cristalliser dans un enjeu : celui de l'unification d'un corps social conflictuel. C'est donc le peuple comme objet de pensée qui pose problème, peuple auquel il convient, comme le souligne M. Riot-Sarcey, moins de donner une voix que de trouver une place ; ce qui se fait à travers la constitution de catégories dont l'enjeu est moins la connaissance des groupes sociaux, qu'il n'est condition d'existence politique des dits groupes, et possibilité d'accès à la représentation politique.
Dans ce processus dont la finalité est l'accès aux capacités politiques, ou leur exclusion, et qui, fondé sur la nature et la raison, exclura les femmes et le peuple de cette représentation, les utopistes feront entendre une voix dissonante. Voix dissonante non en ce qu'ils seraient porte-parole des exclus, portant sur une scène politique déjà structurée et pacifiée ces voix inaudibles (on sait depuis La nuit des prolétaires de J. Rancière qu'il n'en est rien) mais parce qu'ils redéfinissent les lieux et les modes de compétence politique, déplaçant le jeu politique du côté des forces sociales ; d'où la réception possible du thème de l'Association chez ceux qui ne voient pas dans le gouvernement représentatif et le suffrage censitaire le seul mode d'accomplissement des promesses de 89.
Michelle Riot-Sarcey met au jour la circularité d'un processus discursif dans lequel histoire et sociologie fabriquent les normes sociales (en produisant des outils d'analyse de la société) qui viendront les légitimer comme vrai discours scientifique... et réel ! " La double vérité révélée par les lois de l'histoire ne laisse guère de possibilité d'échapper aux règles sociales édictées en leur nom " (p. 97).
On voit là comment une écriture de l'histoire centrée sur les grandes continuités et causalités a partie liée avec une conception normative du politique, en ce qu'elle restitue une vision du système politique du XIXe siècle qui occulte la construction, la production de la norme politique, c'est-à;-dire le processus conflictuel par lequel s'est mis en place le " mode légitime d'être " en politique. M. Riot-Sarcey cite pour éclairer ce processus le récent travail de N. Loraux, La cité divisée, mais on pense aussi aux travaux de C. Castoriadis sur l'institution de " l'imaginaire " dominant des sociétés.
Cette étude montre aussi comment le discours doctrinaire dominant procédera à l'exclusion de l'utopie par le moralisme. L'utopie sera désamorcée de son potentiel de rupture, construite en " non lieu ", impossible, avant d'être rejetée, identifiée à un immoralisme qui saperait les fondements de la société. Mécanisme connu que ce mouvement de rejet de l'utopie, par où la société " trace sa limite " (M. Foucault), détermine le clivage entre ce qui est constitutif de l'ordre établi, et rejette dans la folie et l'immoralisme les propos et réformes des utopistes.
Mais démonstration nouvelle ici, en ce qu'elle se polarise sur un lieu théorique peu " fréquenté " : la définition et les contours de ce qui est politique. Et c'est là que l'approche Benjaminienne de l'événement, de la recherche de son sens en deçà des catégories et lectures instituées donne le meilleur.
Si la définition des capacités politiques était en jeu dans le discours doctrinaire, et si l'exclusion de l'utopie avait pour effet de produire une conception légitime de la question politique et de ses formes et contours, les interprétations données à l'époque tant à la révolte des canuts de 1831 qu'aux grèves de 1840, donnent à lire moins l'exclusion du peuple de la scène politique, que la définition des catégories représentables politiquement, et donc l'accès à la capacité politique. Autant dire que là, la représentation de l'événement se transforme en discours sur l'aptitude à la représentation politique des catégories sociales, et en l'occurrence celle des ouvriers lyonnais insurgés.
L'intérêt de l'étude des grèves de 1840 est de nous restituer, par le décodage des interprétations et discours qui, dans le moment même, tentèrent de lui assigner un sens, moins le " vrai " ou le " vif " de l'événement, la nature des revendications, que de faire réémerger une mise en perspective des enjeux du moment : exclure le social du champ politique légitime (il s'agit de " montrer aux politiques qui s'obstinent à isoler la politique de toutes les autres questions qu'ils marchent en sens contraire du but de la politique " écrira P. Leroux, cité p. 176.). Dans les interprétations données de la révolte des canuts de 1831, ce qui se lit c'est l'opération de déni de la qualité politique aux insurgés, leur réduction à du simple banditisme, qu'il convient de réprimer, ou, au mieux de moraliser s'il en est encore temps, discours qui sont corollaires d'un système économique inquestionnable, et qui dictent l'interprétation de ce qui est politique et de ce qui ne l'est pas. C'est dans le récit des événements des grèves de 1840, dans le décalage entre les propos directs de ceux qui en sont partie prenante, et le sens qui est alloué à ces mouvements par les " publicistes ", que se lit au mieux la nature politique de la revendication des insurgés et son impossibilité de réception par l'ordre établi. C'est là que se fixe, se construit ce qui passera par la suite pour coupure " naturelle " entre le social et le politique.
Si ces événements sont vus comme incompréhensibles, " insaisissables " et ne peuvent donc être que le fruit de " meneurs " pour les libéraux, la perplexité républicaine est plus intéressante et instructive. En nous montrant comment pour ceux-ci les revendications ouvrières ne peuvent être intégrées que par les " représentants " politiques, représentants... qui ne peuvent que rien comprendre à ces demandes, M. Riot-Sarcey nous donne à lire toute l'aporie et les limites de la démocratie représentative.
En effet, les sages revendications en lesquelles le représentant républicain peut transformer la parole exprimée par le peuple, sont d'un autre registre que ce qui se joue là, à savoir le statut et la dignité politique de gens qui font grève pour que leur droit soit reconnu, droit au travail conçu comme un droit humain et politique fondamental et fondateur de liberté, avant d'être moyen de subsistance. Le malentendu ne porte donc pas que sur l'objet des revendications, il excède même le tracé de la frontière entre les sphères politiques et sociales, en ce qu'il fait preuve de l'institution déjà effectuée de la coupure entre social et politique, et de la définition de la sphère politique comme lieu traversé par un sens univoque donné aux valeurs politiques de 1789.
La frontière est ainsi tracée qui va constituer le sens républicain légitime à donner aux principes de 89, et qui a pour effet de recouvrir les fondements de l'ordre libéral, et de rendre ces représentants, de par la place où ils sont, " sourds " au sens politique du mouvement. En face, la vision révolutionnaire liera l'émancipation politique du prolétariat à la connaissance de son assujettissement social ; dans l'entre deux, l'événement " insaisissable " des grèves de 1840 aura éclairé ce qu'il pouvait en être d'une " autre " vision du politique.
On a, par ce re-surgissement de l'événement avant que les discours ne lui assignent un sens constitué (exorciser ces grèves en tant que réalité conflictuelle, pour opérer un partage dans la " catégorie " peuple entre les " bandits " d'un côté, et un peuple " domestiqué " de l'autre, objet possible de moralisation, les deux attitudes aboutissant dans un même déni de la capacité politique du peuple), une perception de la dimension politique du conflit social. Ce qui apparaît là, à travers la nature, l'essence politique du conflit social, c'est une autre définition du politique, où le droit au travail conçu comme inhérent à la dignité et lieu de l'émancipation est directement droit à la liberté.
On voit donc que cet ouvrage présente un intérêt qui va bien au-delà de l'exhumation de matériaux peu connus — les grèves de 1840 tout particulièrement —, de la saisie de l'événement " in statu nascendi ", de la réémergence de paroles politiques ignorées. Le mérite de cette étude est de mettre à jour, à travers ce travail sur l'événement et son interprétation, la fécondité de l'utopie. C'est en laissant re-surgir ces thèmes et espoirs utopiques que l'on peut interroger le processus de formation des modes de penser la démocratie représentative.
L'utopie n'est pas " ailleurs ", mais critique du présent, dans sa production, et surtout sa réception, puisqu'elle origine un autre mode politique, ouvre une brèche, manifeste une exigence dans la reconnaissance du droit humain à la liberté, rompt le " monopole libéral de la conception de la liberté ". Elle est " posture " plus que contenu, c'est à dire un " ailleurs " qui est en fait partie prenante de la construction de l'histoire, et donc d'un présent qui se fait. Politique donc, au sens noble du terme. "

https://journals.openedition.org/rh19/160

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fouthese il y a 1 an

" Le Saker Francophone

Le chaos du monde ne naît pas de l'âme des peuples, des races ou des religions, mais de l'insatiable appétit des puissants. Les humbles veillent. "

" Si vous êtes arrivé jusqu’à ce site c’est parce que vous commencez à vous poser des questions sur la marche du monde, que vous essayez de trouver des réponses que ne vous apportent pas les médias classiques ou que vous êtes déjà conscient de la propagande des médias institutionnels (MI) et que désirez en sortir en lisant d’autres points de vue.

Nous vous présentons ici un travail de structuration de 7 années de publication qui permettra au débutant arrivant dans le monde de la contre information de se faire une idée de ce qui se passe de l’autre coté du miroir de la propagande des médias institutionnels (MI) et de pouvoir ensuite mieux suivre et comprendre le fil d’actualité quotidienne qu’il trouvera sur les sites d’information alternative tels que le Saker Francophone.

Cet essai ne prétend pourtant pas vous donner des réponses toutes faites. Il vous propose juste une compilation d’articles qui vous permettront d’avoir des points de vue différents de ceux dans lesquels les MI nous enferment. Libre à vous de tirer vos propres conclusions.

Ces articles sont les traductions françaises de dizaines de journalistes ou d’analystes indépendants, d’anciens diplomates comme Bhadrakumar ou Alastair Crooke, d’anciens haut fonctionnaires comme Paul Graig Robert ou Ron Paul, des vétérans du monde du renseignements comme The Saker, Ray Mc Govern ou le V.I.P.S. Bref, des hommes de terrain expérimentés qui connaissent leur domaine et savent de quoi ils parlent. Ils sont de tous bords politiques, de tous horizons et de toutes nationalités et ont juste en commun d’offrir une vision différente du monde que celle présentée par les MI. "

La suite ici:

https://lesakerfrancophone.fr/ceg1-comprendre-les-enjeux-geopolitiques


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