On considère généralement que l'homme connaissait l'or au paléolithique. Cependant, il était peu travaillé : l'homme de cette époque ne connaissait pas encore les techniques de fusion du métal, et se contentait de le sculpter.
L'orfèvrerie en elle-même est née durant le chalcolithique, dans les Balkans. Les premiers objets étaient décorés au repoussé. Il s'agissait principalement de parures (colliers, bracelets,...). On a même retrouvé des étuis phalliques en or. C'est aussi à cette époque qu'apparurent clairement des différences de classes sociales et de richesses.
Pour étudier l'orfèvrerie médiévale il faut avant tout replacer cet art dans son contexte et le dépouiller de toutes les notions et valeurs que lui a donné l'époque moderne.
En effet à partir de la fin du Moyen Age, on peut observer une hégémonie progressive de la peinture, de la sculpture et de l’architecture sur les arts dits mineurs : orfèvrerie, céramique, verrerie, tapisserie, ébénisterie, relégués au rang d’artisanat. Le développement des Académies, au XVIIe siècle, puis celui du discours critique, au XVIIIe siècle, contribuèrent à une évolution qui a conduit à l'apparition du terme « Beaux-Arts ». Il a fallu attendre les années 1880, pour que leurs prérogatives se trouvent contestées. Or ces classements, basés sur des valeurs artistiques de l’époque moderne, ne prennent pas en compte celles de l’époque médiévale. La peinture encadrée fait partie de notre conception de l’art, mais au Moyen Age elle n'existait pas, et on avait d'autres moyens d'expression artistique comme l’orfèvrerie. Comme l'a fait remarquer F. Souchal en 1966 « L’orfèvrerie n’est pas au Moyen Age un art mineur mais une des expressions artistiques les plus importantes de cette époque ».
En étant reléguée au rang d’artisanat, l’orfèvrerie a perdu l’importance qu’elle avait dans la société médiévale, et notamment son rôle important dans la pratique cultuelle. Progressivement, elle a été intégrée en tant qu’œuvre précieuse dans les collections, nouveau passe-temps à la mode. Dans les trésors ecclésiastiques, l’orfèvrerie occupe une place importante pour le montage des reliques, car la valeur matérielle augmentait l’aura cultuelle. En revanche, dans l’art privé des courts, les reliquaires devenus des exceptions témoignent d’une grande virtuosité technique. L’ancien reliquaire s'est transformé en nouveau joyau. L’orfèvrerie a perdu sa forte fonction cultuelle initiale.
L'étude de l'orfèvrerie médiévale ne peut se faire seulement par une étude stylistique ou formelle, mais doit prendre en compte la fonction de l'objet, qui bien souvent le définit véritablement.
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