Quand j'ai constaté que le monde parlait entre les lignes, j'ai décidé d'apprendre à lire entre les lignes, et je n'y ai jamais rien trouvé de vrai, que du mensonge.
Aujourd'hui j'ai juste décidé d'arrêter d'essayer de comprendre les demi-mots, dorénavant celui qui aura quelque chose à me dire qu'il me le dise clairement ou qu'il se taise.
Comme le monde est vil, lache et manque d'honneteté je doute de rencontrer un jour une personne capable de celà. Voilà ou réside ma résignation.
- Mon premier m'a engendrée, par erreur (on dit courrament un accident), il a cru pouvoir m'assumer, il a bien dû m'aimer un peu mais n'a jamais réussis à me l'avouer.
- Mon second m'a effrayée, il avait la gentillesse, la douceur, la sensibilité, la fragilité et le visage d'un ange. Je n'ai jamais compris comment j'ai pu courir aussi vite pour le fuir, ni surtout pourquoi je l'ai fui.
- Mon troisième, m'a accueillie, il m'a enlassée, il m'a embrassée et m'a possédée. Il m'a nourrie, parlé, caressé parfois, mais je n'étais qu'un meuble dans sa chambre. Sortie de ses murs je redevenais juste une connaissance.
- Mon quatrième n'a été qu'une série d'inconnus avec qui j'ai découvert que le corps n'éxulte jamais vraiment si la tête ne le veut pas, et que le pire moment dans la relation bassement sexuelle c'est celui ou je referme la porte derrière eux, et ou je me rend compte que même l'instant d'avant j'étais seule toujours seule.
- Mon cinquième a pris tout ce que j'avais à donner, il s'est servi, ne m'a jamais rien rendu et pourtant j'étais prete à continuer très longtemps comme ca... J'ai dépassé les limites que je m'étais fixées pour lui faire plaisir, j'ai prétendu aimer. Il ne m'a jamais embrassé ailleurs que chez moi, jamais touchée ailleurs que dans un lit, et pourtant je l'aimais, et je l'ai aimé longtemps. Et puis un jour j'ai cessé de l'embrasser, il ne m'a pas demandé pourquoi, il ne m'a plus embrassée. Et puis un jour je lui ai tourné le dos, il ne m'a jamais demandé de me retourner, il ne s'est jamais mis face à moi. Et puis un jour je me suis éloignée, il n'a jamais fait un pas pour me rattraper.
- Mon sixième est venu me cueillir avec un bouquet de roses blanches. Nos corps se sont aimés, mais il manquait le petit quelque chose.
- Mon septième est une enigme. Aucun mot ne pourra vous faire ressentir ce que je ressens pour lui, que je ne suis pas encore capable de définir. Mais il brule mon ame d'un feu si ardent qu'il en devient presque dangereux.
- Je n'espère pas de huitième, d'abord parce que je n'y crois plus, ensuite parce que je préfère ne pas l'attendre pour ne pas regretter de ne jamais le rencontrer.
Mon tout, ce sont mes hommes, que j'ai aimé et que j'aime encore malgrès les larmes qu'ils m'ont fait verser, malgrès le mal que j'ai cru qu'ils me faisaient. Mais ce qui m'a fait vraiment mal c'est le rêve que je faisais de ma vie. Ils ont nourrit cette vie fantasmagorique, qui faisait mes rêves et mes espoirs, et qui s'est éteinte.
Nous sommes le dimanche 18 janvier 1998, il est dix heure quinze. Cette deuxième cure de chimio tire à sa fin. C'est mon dernier flacon, et, il se termine vers midi, au plus tard treize heures. Malheureusement, il n'y a pas de sortie le dimanche. Je vais donc devoir attendre le lundi neuf heures pour retrouver la liberté. Ce qui est d'autant plus dommage que ce jour est celui de l'anniversaire de Karin. Je ne pense pas qu'elle vienne me voir, mais celà importe peu, qu'elle profite de son vingt cinquième anniversaire. Bien que, entre sa mère et son frère, avec le cinéma, la journée sera courte.
J'ai bien dormi, j'étais seul dans la chambre et mon ex voisin ne m'a pas indisposé à longueur de nuit. Mais celà ne m'a pas empéché de me reveiller toutes les quatre vingt dix minutes environ pour aller pisser.
Margrè tout, je n'ai pas profité de ces moments là pour aller fumer. Une seule fois je suis allé au fumoir pour voir, comme ca. J'ai allumé ma cigarette, l'ai fumée, mais sans conviction. Elle ne m'a pas fait d'effet, pas plus que celles que je fume dans la journée. On pourrait dire que je m'oblige à fumer, pour passer le temps, pour m'occuper. Chaque cigarette me prend environ une demi heure de mon temps. Pour cinq minutes de "bien-être", l'inhalation de fumée toxique, soi-disant pro-calmante m'oblige à un circuit et les attentes qui font la longueur de temps écoulée.
Il est 14h40, le traitement est terminé pour cette séance. Je pourrais sortir mais, il n'y a pas de sortie le dimanche. Je vais donc devoir attendre "lundi" à 9h00.
Vendredi 23 janvier 1998
Aujourd'hui à midi, je prend un codoliprane à 12h50. Je branche le mégaréal, il est 12h55. Dix quinze minutes plus tard, je passe à table. Filet de poisson, pomme de terre sauce moutarde (recette maman). Ne possédant pas de mixer, j'écrase le tout, rallonge à l'eau de cuisson du filet et je mange. Je me régale, le goût du plat m'a pas changé, selon ems souvenirs. Mais voilà, la mastication, le dépot de nourriture entre les dents, me font mal. Il ne me reste plus qu'à attendre l'effet du codoliprane qui ne tarde pas. A 13h45 je commence à ressentir un soulagement. La douleur disparait. 14h05, c'est fait, il ne reste qu'une petite gène.
Journal de mon papa 22 aout 1948 - 20 juin 1998
Aimer c'est quoi ?
On nous elève en nous appelant, mon bébé, ma puce, mon chéri, mon ange...
On nous demande : tu aimes ta maman ? tu aimes ton papa ?
Et on apprend à dire oui parceque ca leur fait plaisir
Puis on grandit.
On a été élevé par la belle au bois dormant, cendrillon, blanche neige (sauvées par leur prince charmant, qui se marièrent et eurent beaucoup d'enfants), Casimir (qui est gentil et a plein d'amis), Candy (qui sacrifie son amour), love story (ou l'amour se meurt alors qu'il est si fort), Roméo et Juliette (qui préfèrent mourir que de vivre l'un sans l'autre), la guerre des rose (ou l'amour devient violence), Peter et Eliott le dragon ou l'amour viendra à bout de tout et peut mener au miracle et j'en passe et des meilleurs.
Puis on est ado, vite, du sex vite pour faire comme tout le monde
Puis on est adulte, incapable de voir en l'autre l'amour qu'il ressent sans qu'il le prouve ou le dise. Convaincus d'aimer plus qu'on ne sera jamais aimé, que c'est injuste et inutile.
Alors on cède à la facilité, allez, le prochain on l'epouse, on lui donne des enfants, on tachera de ne pas divorcer pour ne pas avoir à tout recommencer et pour donner l'image d'un couple "heureux". Bah on s'aimera bien sûr (en soupirant au prince charmant les soirs ou il ne nous prendra pas dans ses bras)
Alors peut être l'un de nous disparaitra, laissant l'autre enfin libre. Mais le bonheur on l'avait là juste sous les mains, et maintenant il faut tout recommencer pour le retrouver. Ou peut être qu'on est trop seul pour survivre alors autant se laisser mourir.
Vous êtes sûr que ca ne peut pas se passer autrement ? pas d'échapatoire ?
Mais dans tout ca, c'est quoi aimer ?....
Comm' un p'tit coqu'licot (Mouloudji)
Le myosotis, et puis la rose,
Ce sont des fleurs qui dis'nt quèqu' chose !
Mais pour aimer les coqu'licots
Et n'aimer qu'ça... faut être idiot !
T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà :
Quand j't'aurai dit, tu comprendras !
La premièr' fois que je l'ai vue,
Elle dormait, à moitié nue
Dans la lumière de l'été
Au beau milieu d'un champ de blé.
Et sous le corsag' blanc,
Là où battait son cœur,
Le soleil, gentiment,
Faisait vivre une fleur :
Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
Comme un p'tit coqu'licot.
C'est très curieux comm' tes yeux brillent
En te rapp'lant la jolie fille !
Ils brill'nt si fort qu'c'est un peu trop
Pour expliquer... les coqu'licots !
T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà
Quand je l'ai prise dans mes bras,
Elle m'a donné son beau sourire,
Et puis après, sans rien nous dire,
Dans la lumière de l'été
On s'est aimé ! ... on s'est aimé !
Et j'ai tant appuyé
Mes lèvres sur son cœur,
Qu'à la plac' du baiser
Y avait comm' une fleur :
Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
Comme un p'tit coqu'licot.
Ça n'est rien d'autr' qu'un'aventure
Ta p'tit' histoire, et je te jure
Qu'ell' ne mérit' pas un sanglot
Ni cett' passion... des coqu'licots !
Attends la fin ! tu comprendras :
Un autr' l'aimait qu'ell' n'aimait pas !
Et le lend'main, quand j'lai revue,
Elle dormait, à moitié nue,
Dans la lumière de l'été
Au beau milieu du champ de blé.
Mais, sur le corsag' blanc,
Juste à la plac' du cœur,
Y avait trois goutt's de sang
Qui faisaient comm' un' fleur :
Comm' un p'tit coqu'licot, mon âme !
Un tout p'tit coqu'licot.
Texte chanté par Mouloudji Paroles : Raymond Asso Musique : Claude Valéry 1951
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